Graphomotricité

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L’ENFANT ET L’ÉCRITURE OU GRAPHOMOTRICITÉ

La graphomotricité, spécialité du Psychomotricien Diplômé d’Etat, est le mécanisme de mise en œuvre des compétences psychomotrices nécessaires à la réalisation d’un tracé menant à une écriture lisible et de qualité.

graphomotricité

Woodleywonderworks - CC

Dans le développement de l’être humain, le graphisme, ou trace, est le simple résultat d’un geste. Ensuite, ces traces deviennent le « motif », et conduisent le geste.

Chez le jeune enfant, ce sont des gribouillage qui vont évoluer pour prendre des formes identifiables. De simples traces motrices, le graphisme devient la trace d’une représentation intellectuelle et imaginaire et prend le sens de communication.

Écrire est un acte psychomoteur subtil et très complexe qui dépend de nombreux facteurs: neurologiques, toniques, posturaux, cognitifs, symboliques et affectifs.

Une dysgraphie se manifeste par des difficultés à écrire, une souffrance à l’écriture, pouvant parfois devenir réellement handicapantes: crampes, lenteur, écriture illisible, blocage devant le passage à l’écrit, anxiété… souvent source de plaintes de la part des enseignants et pouvant générer d’autres difficultés dans la scolarité de l’enfant.

La réalisation d’un Bilan Psychomoteur permettra d’isoler l’origine du problème graphomoteur et de proposer l’orientation thérapeutique adaptée: graphomotricité, graphothérapie, thérapie psychomotrice, relaxation.

L’examen psychomoteur et graphomoteurr permet d’évaluer les différents facteurs concernant l’écriture de l’enfant:

La maturité du schéma corporel pour soutenir une posture adaptée à cet acte moteur complexe
Le processus de latéralisation , avec ses composantes neurologiques et instrumentales, son degré de maturation et d’utilisation

L’organisation neuro-tonique des schèmes moteurs acquis par l’ enfant.

La tonicité adaptée

La tenue du stylo

Les coordinations et dissociations musculaires nécessaires aux mouvements de l’épaule, du coude, du poignet et des doigts

L’intégration des praxis graphiques nécessaires à la réalisation du tracé

La maturation de la perception temporelle et l’intégration des notions d’ordre, de succession, de rythmes nécessaire à la perception visuelle puis à l’acte graphomoteur – La perception et l’investissement de l’espace de la feuille

Les coordinations uni et bi-manuelles

Les coordinations oculo-manuelles

 

Une mauvaise vue ou coordination entre les deux yeux pourra si besoin, nécessiter un bilan en ophtalmologie ou en orthoptie.

Les troubles associés :

Les difficultés graphomotrices ou d’écriture s’observent souvent :

Chez l’enfant présentant une dyslexie/dysorthographie. ALORS une collaboration voire une co-thérapie avec psychomotricien et orthophoniste (organisation, priorisation voire co-animation des séances) sera plus efficace pour le traitement des troubles graphomoteurs ET orthophoniques
Chez l’enfant présentant une immaturité affective, une instabilité psychomotrice,
un trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH)

Chez l’enfant intellectuellement précoce

Chez l’enfant gaucher, génétiquement, l’apparition des possibilités de rotation du bras et des doigts dans l’expression graphique des gauchers se réalise à l’inverse de celle des droitiers.

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Le sens de rotation spontané étant sénestrogyre (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) pour le droitier, le déplacement du bras va de gauche à droite, de l’axe corporel vers la périphérie. Cela correspond aux directions de notre façon d’écrire.

Pour l’enfant gaucher, spontanément, il organise son geste de droite à gauche.

L’apprentissage du code graphique s’oppose donc aux possibilités innées. L’enfant est contraint de s’adapter et d’organiser son geste pour répondre aux exigences motrices de la formation des lettres, et programmer ses schèmes moteurs en fonction de la feuille te du sens de l’écriture.

 

Complémentarité des compétence des psychomotriciens et des orthophonistes.

 

Le psychomotricien rééduque la graphomotricité. L’orthophoniste rééduque le langage oral et écrit.

Pour ce qui concerne l’écriture l’orthophoniste traite le versant orthographe/grammaire/encodage/décodage, et que le psychomotricien s’occupe du versant graphomoteur : l’acquisition des signes de base du graphisme, la qualité de vitesse et d’exécution mais aussi l’investissement personnel de l’acte graphomoteur.

 

En d’autres termes, l’orthophoniste va travailler sur le choix des lettres et leur place afin de constituer des mots ayant du sens dans un contexte, et le psychomotricien va s’occuper de tous les mécanismes corporels engagés dans la bonne réalisation de ces lettres.

Le psychomotricien contribue avec l’orthophoniste à rééduquer le langage écrit, le premier s’occupant de l’écriture sur le plan moteur, et le second s’occupant de la construction des mots constituant le langage.

Il peut exister une difficulté avec leur écriture sans qu’il y ait pour autant de difficulté instrumentale ou technique sous-jacente. C’est l’investissement de l’acte graphomoteur qui est touché, et cela pour de multiples raisons : par dépit, parce que l’enfant a toujours vécu l’écriture comme frustrante et source de soucis (c’est souvent le cas pour l’enfant présentant une dyslexie/dysorthographie), par ennui et refus de la contrainte comme cela peut être le cas chez l’enfant présentant une immaturité affective, par défi parce que l’écriture reflète la différence bien souvent présente entre la vitesse de l’esprit et celle du corps comme cela peut être le cas chez l’enfant intellectuellement précoce.

 écritureL’acte graphomoteur est complexe dans son versant technique et dans son versant psychologique : le psychomotricien est formé pour analyser la problématique que rencontre l’enfant dans ce domaine et peut mettre en place la thérapie adaptée pour l’en sortir.
Ecrire nécessite la mise en commun de beaucoup de compétences psychomotrices : si une seule de ces compétences venait à faire défaut, cela pourrait compromettre la qualité ou la vitesse d’écriture.
Comment un « rééducateur en écriture » pourra être efficace s’il ne comprend pas les enjeux de la latéralité, de la perception spatiale , de la précision visuo-motrice ou encore de l’organisation praxique et du développement du schéma corporel ?

 

Ne se concentrer que sur l’écriture fait prendre le risque de n’observer qu’un aspect des choses, de ne travailler qu’en bout de chaîne, et au final de compromettre la vitesse des progrès, voire les progrès tout simplement.