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LE PSYCHOMOTRICIEN

« Le psychomotricien évalue les fonctions sensori-motrices, perceptivo-motrices, tonico-émotionnelles et psychomotrices. Il analyse leur intégration, leurs interactions et il pose un diagnostic psychomoteur. Le compte-rendu de cette évaluation et les propositions de soins qui en découlent sont transmis au médecin prescripteur pour valider la démarche thérapeutique envisagée. L’objectif des soins psychomoteurs est de permettre au patient de prendre conscience de son organisation psychomotrice, d’en réduire les dysfonctionnements, qu’ils soient d’origine psychique ou physique, de restaurer ses capacités de participation et d’adaptation aux activités de son environnement. Le psychomotricien instaure pour cela une relation thérapeutique en utilisant des techniques corporelles, sportives, manuelles, ou des médiations telles que le jeu, l’expression artistique, l’éducation gestuelle, la relaxation psychomotrice. Ces médiations sont les outils proposés par le psychomotricien pour la réalisation du projet thérapeutique individualisé élaboré avec le patient ou sa famille.»
Syndical National d’Union des Psychomotricens

LE DIALOGUE TONICO-EMOTIONNEL

Le dialogue tonique précède le dialogue verbal: dans le psychisme, il n’y a pas que l’intelligence, la notion d’émotion est importante. Il existe une interaction entre le moteur et l’émotionnel.
Notre tonus est tout autant une action sur autrui qu’une réception de l’action d’autrui.
Le dialogue tonique ou dialogue tonico-émotionnel est mis en jeu dès le début de la vie entre l’entourage et l’enfant. Il y a un dialogue qui est la base de tous les échanges verbaux. Il est le support de la communication. Il véhicule l’expression des émotions. Pour Wallon, « il n’y a pas d’émotion sans action. »
C’est le support essentiel de la communication infraverbale. (langage corporel)
Au début de la vie, « toutes les émotions répondent à des variations du tonus tant viscéral que musculaire. » (Wallon)
Entre la mère et son enfant va s’instaurer ce que H. Wallon appelle « le dialogue tonique » et que J. de Ajuriaguerra décrit : « dès la naissance, l’enfant s’exprime par le cri, les réactions toniques axiales où tout le corps parle. L’enfant réagit aux actions extérieures par la protestation hypertonique (hypertonie d’appel) ou par l’apaisante relaxation. » (hypotonie de satisfaction) Les relations à autrui ne se font que sous l’angle tension-détente.
Site de Nicolas Renouard, psychomotricien

LA NAISSANCE DE L’ÉCRITURE

C’est vers l’âge de 2 ans que l’enfant réalise ses premiers gribouillis : ses réalisations émerveillent son entourage, l’encourageant par là même à approfondir l’exercice. La feuille devient peu à peu un terrain de jeu, de coordination, d’expression, de communication et toutes les expériences motrices vont contribuer à façonner progressivement l’habileté graphomotrice.
En jouant, l’enfant développe sa coordination, d’abord globale puis de plus en plus précise. La main est de mieux en mieux guidée par l’oeil et commence à permettre des réalisations complexes.
La latéralisation et le développement du schéma corporel structurent l’image du corps et contribuent à la constitution de la perception spatiale. Toutes ces informations psychomotrices enrichissent le système nerveux central et l’adaptation à son environnement devient de plus en plus importante.
Les praxies graphiques (capacité à organiser sur le plan cognitif une coordination en vue de la réalisation d’un tracé) se mettent en place et se complexifient, permettant à l’enfant de copier des modèles simples, puis complexes. Les boucles alternées s’enchaînent et deviennent les prémices de la lettre et le début de l’écriture. Le son a alors trouvé un support pour que de transmission orale, le langage puisse s’écrire.
Ainsi naît l’écriture, rencontre entre le long processus de maturation psychomotrice et de celui du langage.
Il peut exister une difficulté avec leur écriture sans qu’il y ait pour autant de difficulté instrumentale ou technique sous-jacente. C’est l’investissement de l’acte graphomoteur qui est touché, et cela pour de multiples raisons: par dépit, parce que l’enfant a toujours vécu l’écriture comme frustrante et source de soucis (c’est souvent le cas pour l’enfant présentant une dyslexie/dysorthographie), par ennui et refus de la contrainte comme cela peut être le cas chez l’enfant présentant une immaturité affective, par défi parce que l’écriture reflète la différence bien souvent présente entre la vitesse de l’esprit et celle du corps comme cela peut être le cas chez l’enfant intellectuellement précoce.
L’acte graphomoteur est complexe dans son versant technique et dans son versant psychologique : le psychomotricien est formé pour analyser la problématique que rencontre l’enfant dans ce domaine et peut mettre en place la thérapie adaptée pour l’en sortir.
Ecrire nécessite la mise en commun de beaucoup de compétences psychomotrices : si une seule de ces compétences venait à faire défaut, cela pourrait compromettre la qualité ou la vitesse d’écriture.
Comment un « rééducateur en écriture » pourra être efficace s’il ne comprend pas les enjeux de la latéralité, de la perception spatiale , de la précision visuo-motrice ou encore de l’organisation praxique et du développement du schéma corporel ?
Ne se concentrer que sur l’écriture fait prendre le risque de n’observer qu’un aspect des choses, de ne travailler qu’en bout de chaîne, et au final de compromettre la vitesse des progrès, voire les progrès tout simplement.
Cabinet libéral de psychomotricité, La Rochelle